| .. Génocide des Khmers Rouges .. |

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Génocide des Khmers Rouges
Touch sonic bang vaschit oun katdescong



Avant de commencer ce récit,Pourquoi ai-je pris la peine de m'interresser à cette partie de l'histoire du Cambodge??


Simplement parce qu'il me tient à coeur d'en parler,parce que je constate que l'on n'en parle pas assez,je vois souvent dans les blogs tenus par des Khmers qui n'en parle pas ou pas assez du Genocide des Khmers Rouges...

Il est vrai que ce n'est pas un souvenir agréable,on pourrait dire immonde,mais beau ou pas,agréable ou pas,cela fait partie de l'histoire de mon pays,et il faut en parler....

Bien sur pas besoin d'être Khmer pour comprendre le recit qui va suivre,il suffit tout simplement de prendre le temps de lire avec son coeur...

Quand mes parents me racontent leur vie durant cette période,je me pose plusieurs questions:


"Pourquoi des hommes massacrent t_ils d'autres hommes,de la même nationalité?de la même couleur de peau?Du même sang car après tout nous sommes tous égaux,nous sommes tous des hommes....Pourquoi massacrer une personne tout simplement parce qu'elle ne fait pas partie de la "race pure"??Est elle coupable d'être différent??"


Peut être,très justement,vous avez déja entendu ces questions,peut être même,vous vous les êtes déja posé......Parce que ce qui est arrivé au Cambodge,peut arriver n'importe ou,n'importe quand,Peut être que la technologie,la science,progresse à coup sur,mais en est t_il la même chose pour l'homme???


Par les yeux d'une petite fille,vous verrez la période la plus sombre de mon pays.Je ne mettrai bien evidemment pas tout les chapitres mais ceux qui me parraissent les plus importants.J'ai choisis son récit car comme on dit:




"la vérité sort de la bouche des enfants..."
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# Posté le mercredi 08 février 2006 13:44

| .. A u commencement .. |

| .. A u commencement .. |

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1970:

Avant le génocide,Le Cambodge était un pays plein d'espoir malgré un contexte délicat qui sortait
du "Protectorat Francais" depuis 1954.Le Prince "Norodom Sihanouk" chef d'état depuis
1960,soutenu par la France et les pays socialistes entend maintenir une politique de neutralité vis
à vis de La guerre du Viêtnam opposant les Nord-viêtnamien communiste aux Etats Unis....





Cepandant il est renversé par une faction liée aux Etats Unis.Pendant 5 ans,le régime Pro
Américain de "Lon Nol" se maintient jusqu'a la prise de la Capitale "Phnom Penh"en 1975 par les
"Khmers Rouges"et leur partit politique "l'Angkar" qui est le début de l'engrenage infernal qui prendra fin avec avec 2 millions de morts......






Pour voir et comprendre un peu mieux plus cette période sanglante de mon Pays je vous conseille de voir les Films "La déchirure" et "S 21".Ce sont de très bon film qui explique clairement et surement mieux que moi le génocide khmer...


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# Posté le mercredi 08 février 2006 13:42

| ..Phnom Penh 1975.. |

| ..Phnom Penh 1975.. |
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Témoignage de Loung Ung,tiré de son livre "Dabord,ils ont tué mon père"

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"C'est l'après midi.Je joue à la marelle avec mes amies dans la rue.Je devrais être à l'école mais Papa a voulu que je reste à la maison.Lorsque j'entends un grondement de moteurs au loin,je m'arrête de jouer.Il y a des vieux camions boueux qui passe devant moi.A l'arrière des camions,se trouvent des hommes vêtus de pantalons noirs déteints avec des écharpes rouges en guise de ceintures,de chemises noires à manches longues,le front ceint de foulard rouges.Ils lèvent le poing vers le ciel et poussent des cris de triomphe.La plupart paraissent jeunes[...]En dépit de leur apparence,la foule les accueille avec des applaudissements et des vivats.Leurs visages expriment un enthousiasme fanatique.Portant de longs fusils dans leurs bras ou sur le dos,ils sourient rient et agitent la main,comme le roi devant la foule.
[...]Je monte en courant à l'appartement.Papa,assis sur le balcon,observe l'agitation de la rue.Je grimpe sur ses genoux:




"-Papa c'est qui ces hommes?Pourquoi tout le monde les applaudit?
-Ce sont des soldats,et les gens les aclament parce que la guerre est finie,dit il calmement.(Si vous comprenez pas lisez cet article)
-Qu'est ce qu'ils veulent?
-Nous...
-Pour quoi faire?
-Regarde leurs pieds,ils portent des sandales faites avec des pneus de voitures...
-Pourquoi,sa veut dire que ce sont des méchant à cause de leurs sandales en pneus de voitures?
-Elles prouvent que ce sont des "destructeurs".




[...]Après 20 minutes,je vois avec stupéfaction que tout le monde est en train de faire ses valises.

"-Que se passe t-il?Ou on va?
-Ou étais tu?!!Nous devons partir,il n y a pas de temps a perdre,Va vîte dinner!!"Maman court dans tout les sens pour emballer nos affaires.[...]Maman se précipite et se met à entasser des bols,des assiettes,cuillères....







[...]Moi et une de mes soeurs sommes installés sur le plateau.Papa conduit la camionette,Maman et Geak,sont assis à coté de lui dans la cabine.Khouy nous suit lentement sur sa moto.Du haut de la cammionette,on entend le vacarme des voitures,des camions et des motos,les sonnettes grinçantes des cyclo-pousses,les poêles et les casseroles qui s'entrechoquent,les clameurs de la foule.Les gens sortent en masse de chez eux,innondent les rues,abandonnent Phnom Penh.Certains ont de la chance,comme nous,d'avoir un véhicule,mais la plupart partent à pied,leurs sandales claquant sur la chaussée.



De toutes parts,des hommes et des femmes crient et gémissent,disent adieu en pleurant à ceux qui ont choisi de rester.Des petits enfants appellent leur mère en pleunichant,des paysans fouettent sans relache leurs vaches et leurs boeufs pour les encourager à tirer les charlettes plus vite.Beaucoup de gens portent sur le dos ou sur la tête des sacs en tissu contenant tous leurs biens.Ils avancent d'un pas énergique,criant à leurs enfants de rester ensemble,de se tenir par la main,de ne pas être à la traine.Je me blottis contre Keav.Les soldats sont partout,avancent d'un pas décidé,crient dans des portes-voix....Leurs visages ne sont plus souriants,comme quand je les avais vus arriver.Maintenant ils rugissent des mots pleins de colère tout en brandissant leurs fusils.Ils crient aux gens de fermer leurs boutiques,de leurs remettre les armes que l'on possède.




Ils hurlent à des familles d'avancer plus vite,de ne pas rester dans le passage,de ne pas poser de question.Tenant Keav par la taille,j'enfonce mon visage dans sa poitrine pour pleurer...Chou est assise derrière Keav,silencieuse,les yeux clos.A côté de nous,Kim et Meng,le visage fermé,obsevent la cohue qui nous entoure.Me serrant encore plus fort contre Keav,je lui demande:



"-Pourquoi les soldats sont ils aussi méchant?
-Chut...On les appelle Khmers Rouges.Ce sont des communistes.
-C'est quoi,un communiste?
-Eh bien,c'est.....c'est dur à expliquer.Tu demandras a Papa."



[...]Je demande pourquoi ils sont si méchants,s'ils nous aiment tant.Tout à l'heure,je les avais acclamés,maintenant ils me font peur.


"Emportez un minimum de choses!Vous n'aurez pas besoin de vos affaires!Dans 3 jours,vous pourrez revenir!!!Personne ne peut rester ici!La ville doit être vidée!Les Américains vont bombarder la ville!Partez immédatement! "




[...]Les soldats brandissent leurs fusils et tirent en l'air pour bien nous faire comprendre que leurs menaces sont bien réelles.A chaque salve,les gens pris de panique,se bousculent frénétiquement pour avancer plus vite.[...]
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# Posté le mercredi 08 février 2006 13:40

|..Exode ..|

|..Exode ..|


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"Khmer Krom"


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Témoignage de Loong Ung toujours tiré de son livre...


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"De longues heures plus tard,nous sommes enfin sortis de la ville et sur la route,mais nous avançons toujours très lentement.
J'ai l'impression que nous roulons depuis une éternité.[...]Au fur et à mesure que nous éloignons de la ville,les grands immeubles cèdent la place à des huttes aux toits de chaume,dispersées au milieu des rizières.Notre camionnette roule lentement au milieu de la foule,sur une piste poussièreuse.[...]Les huttes qui abritaient hier des familles sont vides,les rivières ne sont pas entetenues.[...]Nous nous arrètons devant une maison inhabitée.[...]



Nous n'avons parcouru que 15 km mais c'est déja un autre monde,qui n'a plus rien a voir avec Phnom Penh.[...]Quand tout est prêt,nous nous installons autour du feu pour manger le riz et le porc salé que maman avait fait cuire ce matin.Il n'y a ni table,ni chaise pour s'asseoir.
"-J'ai envie d'aller aux toilettes,dis-je à maman
-Va dans les bois
-Mais ou?
-N'importe ou,tu verras bien.Attends je vais te donner du papier"Maman s'absente un moment,puis revient avec une liasse de billet


"-Mais c'est de l'argent je peux pas m'essuyer avec de l'argent!
-Mais si prend le.Il nous sert plus à rien maintenant."



[...]le lendemain après avoir mangé un peu de riz froid et des oeufs salés,nous remontons dans la camionette et démarons.Nous roulons de longues heures,partout ou nous passons,l'on voit des gens marcher dans toutes les directions.[...]On s'arète pour déjeuner.Pendant que Maman et Keav préparent le repas,Papa et Meng vont ramasser du bois mort pour le feu.Quand ils reviennent ,papa dit a Khouy que nous avons bien fait de partir vite.Les soldats ont obligé tous les habitants à quiter la ville:ils ont vidé les écoles,les restaurant et les hôpitaux.Même les malades ont du partir.Comme ils n'avaient pas le droit de rester d'abord chez eux,ils se trouvent séparés de leur famille.



"Beaucoup de personnes âgées et de malades ne s'en sont pas sortis,aujourd'hui,dit Khouy d'un air sombre.J'en ai vu au bord de la route,portant encore leur chemises d'hôpital tachées de sang.Certains marchaient,d'autres étaient poussés par des proches dans des charettes ou des lits à roulettes"Maintenant,je comprend pourquoi Keav rabattait tout le temps le foulard sur mon visage,en me disant de baisser la tête,de ne pas regarder pa dessus la ridelle de la camionnette.
"Les soldats ont fait le tour du quartier,frappant à toutes les portes pour dire aux gens de partir.Ceux qui refusaient étaient abattus sur place."


[...]Je ne comprends pas.Pourquoi tout ça?Qu'est ce que ça veut dire?[...]Hier je jouais à la marelle avec mes amies.Aujourd'hui,nous fuyons des soldats armés de fusil.


Un flot ininterrompu de gens semble suivre notre trace.Tandis que je lutte pour ne pas m'endormir,étourdie par la chaleur étouffante,mes pensées vagabondent,passant sans cesse d'un sujet à un autre.Je me demande pourquoi nous avons dû partir.[...]Je voudrais retourner à la maison.Tout d'un coup,le moteur de la camionette se met à crachoter,il gémit,a des ratés et finit par s'arrêter.
"Nous sommes en panne séche.Il n'y a pas de poste d'essence par ici dit papa.Il faudra faire le reste du chemin à pied.Prenez seulement quelques vêtements,et autant de vivres que vous pouvez en porter.C'est encore loin vous savez."

"-Toi!! hurle un soldat khmer rouge,donne moi tes montres!!
-Tout de suite."

Courbant les épaules en signe de soumission,Papa retire les montres que Meng et Khouy portent au poignet.Il les tend au soldat évitant de le regarder dans les yeux?

"Ca va.Et maintenant dégagez!!"ordonne le soldat en repartant.Lorsqu'il est assez loin,papa nous explique que dans l'avenir il faudra donner aux soldats tout ce qu'il demandent.Autrement ils nous tueront...



Nous marchons du petit matin jusqu'au coucher du soleil.La nuit venue,nous nous arrêtons au bord de la route près d'un temple.Nous déballons le poisson séché et le riz.Je mange en silence.L'atmosphère d'aventure et de mystère s'est dissipée,il ne reste que la peur".
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# Posté le mercredi 08 février 2006 13:36